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Le blog de Nounedeb

ARCHIPEL POTAGER

24 Décembre 2009 , Rédigé par nounedeb Publié dans #JARDINAGE

En Octobre

Plus un concombre.

Les oiseaux, revenus en nombre

Se mêlent aux feuilles d'arbres

Qui tombent. Bientôt le figuier glabre

Ne donnera presque plus d'ombre.

Un peu d'eau encore dans  le timbre-

Il a fait sec. Pour quel opprobre?


Argiope, araignée ethnique  

Noire et jaune,

Vibre au milieu de sa toile 

 Marquée d'un zigzag graphique.


Dans l'archipel desséché

Les courgettes

Ont l'air de trompettes 

Et les piments piquent du nez.


Dans le jardin

Des herbes folles

De folie ordinaire.

 

 


Sous le cerisier

Le chat s’abrite.

Noires pensées ?

 

Que font les chats la nuit

Quand la lune

Grande ouverte, veille ?

 

 




~Le printemps dégouline. Les roses en bouillie

On fait le plein de pluie. Le persil plat culmine.


  ~~Le persil plat culmine et va monter en graine.

La coriandre aussi et la folle roquette :

La houle monte haut dans l’archipel mouillé.

Il faut abandonner toute fierté absconse :

Si les framboises vont bien, le maïs rachitique

Ne saura soutenir la belle exubérance

De quelques haricots à rame un peu foutraques.


~~~De quelques haricots à rame un peu foutraques,

Attendre cependant qu’ils aient daigné germer.

Comme un chevalier blanc doté d’armes fatales

J’irai, taillant d’estoc et arrachant bien bas

Telle un épouvantail à pile Duracell,

Pourfendant les limaces pour la énième fois.


~~~~Pour la  énième fois, après un midi calme,

Au diapason d’un gai grillon la tourterelle

Roule son chant. Tout ce que je ne perçois pas

D’une sieste à l’autre semble dormir. Mais aux aguets

          De son air mou le chat se traîne. C’est midi calme.

 



 

 

Pour entrer dans mon port d’attache :

Sentir le jasmin dans la narine bâbord

Le chèvrefeuille dans la narine tribord

Mettre la barre droite et accoster sur l’erre.

 

Archipel – anarchie

Où règne la folie

Chienlit panachée

Charpie chipotée. 




 

Silencieuse, souple, discrète,

La couleuvre

A coulé sous la vigne-vierge.

 


Marée montante dans l’archipel.

L’herbe, vert goémon fertile

Monte à l’assaut des basses îles.

 

Vient la saison des fruits de Mai

Et pêche à pied dans l’archipel.

Minuscules, juteuses et sucrées

On mange les fèves en croqu’au sel

Avec une tartine de beurre.


Les arbres, bouffées de fumées vertes.

Des parfums à foison.

Du pollen.

Phéromones.


J’ai entendu le chant de l’amandier

Comme une eau fraîche qui s’écoule.

 

A la barre de la brouette, avec le pommier pour amer,

Comme un volcan cicatrisé aux fumerolles de fleurs roses.

Il faut virer sous l’amandier qui a des envies d’anarchie.

A la limite du grand large labouré de sillons,

Les pruniers désolés, funèbres Talenduics.


Ce matin sur l’herbe vert pomme,

Les feuilles grises des lavandes

Vibraient

D’un surprenant bleu ardoise,

Comme une dissonance.


Le sexe des pommes de terre ?

En avoir ou pas ?

Etre ou ne pas être

Une pomme de terre,

Un pot en fer.

Une motte de terre

Un mot de trop ?

Tout serait dans le germe :

La chair du sperme ?



Qu’est cette masse noire moll’poilue

Dans laquelle luit parfois

La fente d’un œil vert ?


Les pieds dans rosée de diamants,

Les fleurs de l’amandier

M’enivrent.


Moucherons dans le soleil

Comme poussière

Dans un rai de lumière.

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