A UN JEUNE METTEUR EN SCENE
Il y a du cœur dans ses yeux
De la sensibilité dans son rire
De l’émotion dans son regard
De la tendresse dans son sourire
De l’autorité dans sa grâce
De la générosité au
Bout de ses cheveux feu-follets
C’est un elfe, avec ses secrets
Alexandre Doublet.
LA PETITE OURSONNE VERTE
N'ayant matériellement pas le temps d'écrire un nouveau conte, je ressors pour ce défi cette suite à "Boucle d'or" que j'avais écrite en dédicace à Sanschichis
La petite oursonne verte.
Vous souvenez vous de Boucle d’Or qui, effrayée à son réveil, s’était sauvée de la maison des trois ours ? Cependant ceux-ci ne lui voulaient pas de mal. Chez les ours les étrangers sont bienvenus. Ils auraient voulu la retrouver et l’inviter à boire un bon chocolat au miel, plutôt que de la soupe. Ils auraient voulu lui offrir quelque chose pour qu’elle oublie sa peur.
Mais quel cadeau ? Que savent les ours d’une petite fille ? Cependant ils se mirent en quête par les chemins de la forêt au cœur de laquelle ils avaient fait leur maison.
Au détour d’un sentier, le petit ours découvrit, accrochée à une ronce, une peluche rose. Elle avait été tellement cajolée et suçotée qu’il lui manquait une oreille. – « Le doudou de Boucle d’Or ! Elle l’a perdu lorsqu’elle s’est enfuie ! » s’écria le petit ours. Il faudrait lui en offrir un autre. C’était le meilleur cadeau qu’ils puissent faire. Mais quelle idée de doudou pouvaient avoir des ours ? Une pomme de pin ? Un rayon de miel ?
Dans les forêts les premiers jours de l’hiver, si courts, sont propices aux mystères, et les sombres nuits plus encore. Trottant, pleins d’ardeur, sur les chemins du rêve, ils découvrirent le plus ravissant sapin qu’on puisse imaginer : petit, touffu, gai et frisé. Ils s’assirent devant lui sur leur derrière et fermèrent les yeux.
Et là, de toute leur petite âme, ils imaginèrent ; et leurs imaginations se croisaient, se quittaient, s’enroulaient, se tricotaient jusqu’à former une tresse si forte que lorsqu’ils ouvrirent les yeux, ils virent que le sapin était devenu une ravissante petite oursonne de peluche verte.
Sans un bruit, ils la cueillirent ; sans un bruit, ils allèrent la déposer devant la maison de Boucle d’Or. Sans un bruit, ils retournèrent se coucher. Le grand ours dans son grand lit, le moyen ours dans son moyen lit, et le petit ours dans son petit lit.
Ah ! C’était la nuit de Noël…
AU PRINTEMPS CHAPITEAU
Je dédie cet hommage au centre d'art dramatique Poitou-Charente qui vient chaque année planter son chapiteau dans un bourg de campagne pour proposer des créations théâtrales ou des pièces classiques superbes, poétiques, inventives.
Le Chapiteau tout rouge est mis
Comme un clin d’œil à Jacques Tati.
Accueil d’amis
Et fantaisie -
Pure poésie.
Sous Chapiteau le rouge vibre
Traversé de courants sensibles
Des corps aux cœurs,
Des voix aux cœurs,
Des mots aux cœurs.
Sous le Chapiteau, rouge, ardent,
Qui vibre de tous vos talents,
Garder vivantes
Ces traces fécondes
Marques profondes.
A XAVIER GARDETTE
Plage des nonnes, à Meschers sur Gironde. Automne.
L’arbre a bien essayé, en le phagocytant,
De masquer l’interdit. Il n’y a plus d’enfants,
Pas de nonnes non plus. Deux esseulés renoncent.
Le carrelet sommeille ; même les poissons pioncent.
DES MOTS...DANS L'ORDRE
Hélène, la calame et la plume, propose
Ras le bol/sac à main/mine patibulaire/soir/fontaine/valise/révolte/talons aiguilles/enterrement de 3ème classe/matin/scie/violons.
Voici ma petite contribution :
Ras le bol de passer le raz de Sein
Et vomir dans mon sac à main,
Patron à mine patibulaire
Qui se fiche bien du mal de mer.
Or, c’est le soir, il est bien noir :
Il boit du vin à la fontaine,
Ca lui fait une de ces bedaine !
Tient, ma valise a chaviré,
Celle de Maryse est défoncée
Alors bien haut elle se révolte :
Qui va pouvoir payer la note ?
Elle a mis ses talons aiguilles,
Elle tient à peine sur ses quilles .
Ca roule, ça tangue, l’eau éclabousse:
Un enterrement de troisième classe!
Heureusement que demain matin,
Avec Maryse, dans l’île de Sein
Nous pourrons chanter cette scie
Qui nous amuse et qui nous lie :
« Les sanglots longs des violons
C'est comme les chats : alors miaulons ! »
DOUTE
Je crains. Je doute et je geins.
J'affirme et aussitôt comme une infirme
Je me rétracte.
J'étale une couche et passe à l'acte
Dans la douleur.
Je mouche et je pleure.
APRES LES MOINES, LES NONNES
Nonnes de dos?
Musulmanes de face?
Nulle intégriste ne peut résister
Au plaisir de se dénuder
Devant un tel symbole phallique
JEUDI 3 JUIN
Quand vais à la grand'ville,
Vois des elfes roulants,
Des génies ondulants
Sur des tapis flottants.
Evitent les malhabiles,
Vieux silènes ambulants,
Cacochymes éructants
Imprécateurs
gonflants.
ATMOSPHERE
Atmosphère de légende.
Décider d’entreprendre, entrer dans la légende,
Là où les phénomènes et leurs prolégomènes,
Enveloppes gazeuses autour de nébuleuses,
Représentations embellies de la vie,
Caractère merveilleux d’un pays ou d’un lieu
Qu’une déformation, par l’imagination
D’un récit liminaire, une ambiance stellaire,
Permettent de comprendre une carte du Tendre :
Atmosphère ! Atmosphère ! réplique légendaire.
MAI DERNIERE
Arbres abasourdis
Aux branches alourdies
Plombées de pluie.

