SEPTEMBRE 3
C'est le poème du Jeudi 16 Septembre.Eglantine a proposé le thème des fleurs:
Aujourd'hui je regarde les fleurs.
Elles perdent leurs pétales, pleurent,
Larmes légères emportées par le vent
Qui souffle, mélancoliquement.
TRANSMUTATION DANSANTE
Amis croqueurs, Olivier de Vaux m'a poussée dans le précipice vertigineux des transmutations. J'ai l'impression de piétiner ses plates-bandes, mais je ne peux m'empêcher de proposer celle-ci (proposer, mais peut-être pas disposer...
Passer de MAZURKA à SIRTAKI. (Tricôtine comprendra)
A Tit'Anik, qui n'ose:
SIRote tranquillement
chère ti'TAnik
Et rêve du kon tiKI
en MAchouillant ton crayon.
patience dans l'aZUR:
y'a KA transgresser....
RENCONTRE
De Saintonge, on prend le bac vers l’autre rive. Après les grues, si bien nommées, le paysage plat, indistinct, fait penser au rivage des Syrtes. On accoste, on débarque. On se perd un peu. Normal, ici des bouées sont à terre, et les phares sont-ils encore repaire ? Voici une Syrte qui m’accueille. Ce n’est pas une Syrte, c’est Tricôtine, comme une petite sœur. C’est tout simple, et tout chaleureux. Son cœur est dans sa main autant que dans ses mots. Ici les amers sont des tours. On haut, peut-être 20m au dessus du niveau de la mer, les sillages des vignobles, puis les courants de la Gironde, puis la houle des coteaux de l’autre rive. On rentre, riche de la rencontre. Un médaillon au cou comme sceau d’amitié.
RATTRAPAGE TRANSMUTATOIRE
Dans sa grande magnanimité, Olivier de Vaux, comme je n'arrivais pas à atteindre la cheville, m'a suggéré d'aller de la main au pied (comme si c'était plus facile. Je l'imagine, raide comme un bâton, atteignant d'abord la cuisse, puis péniblement le mollet). Bref, j'ai presque réussi. Presque, parce que atteindre le pied, facile! mais en 5 étapes, non, il m'en a fallu 6. Puisque c'est comme ça, je vais faire la remontée (attention aux lombaires):
Il chante comme un pied!
Il veut apprendre un lied
Devrait briser ce lien
Et ferait mieux de brâmer "le lion
Est mort ce soir", ce pauvre pion
Qui se pavane comme un paon.
Je me retiens pour ne pas lui mettre un pain
Du revers de la main.
BENJOIN
Benjoin.
Est-ce un onguent ?
Parfum de nuit -
Miel capiteux -
Zeste de térébenthine.
La chandelle fume dans la pénombre.
La chaleur moite pressent l’orage.
SEPTEMBRE 2
Au jusant du beau temps
Les altocumulus s’étalent dans le ciel
Comme rides de sable.
SEPTEMBRE 1
Plumes de vent,
Les cirrus ;
Ou griffures du ciel ?
FOLIE 2
Si la fonte est ductile
La cuticule utile
La faconde est futile
Et la honte, stérile?
LUIS BORGES
Je découvre Jorge Luis Borges. Il est temps. Voici un de ses poèmes tiré de "Ferveur de Buenos Aires":
LA ROSE
La rose,
la rose immarcescible et non chantée,
ce poids et ce parfum, la rose,
celle du noir jardin aux hautes nuits,
celle de tout jardin et de tout soir,
la rose qui par oeuvre d'alchimie
ressuscita de la cendre ténue,
la rose des Persans et de l'Arioste,
la toujours solitaire,
la rose qui toujours est la rose des roses,
la jeune fleur platonique,
l'ardente, aveugle rose et non chantée,
la rose inaccessible.
PONCTUATION
Amis Croqueurs, j'ai perdu le fil des défis, ma souris aime les trous entre les mots, tout ça devient très compliqué et j'aime les trous entre les connexions...
Si on pouvait mettre ses doutes en parenthèses
Sans excès de virgules car c’est un peu facile,
Avoir la force tranquille d’un seul point à la ligne
Et ne pas se cacher derrière les guillemets.
Rire avec d’évasifs points de suspensions :
Le point d’exclamation est tombé sur la tête
Etonnant le souple point d'interrogation!
Reste mon préféré, je le trouve subtil
Avec son poids de sens : élégant point virgule.