SUIS L'IMAGE
Suis l'image de mon jardin: sauvageonne-
Profusion d'orties et de ronces.
Vaudrait mieux ne plus voir personne .
JUILLET 1
Sous le crachin
Oiseaux muets.
Bois en chagrin.
L'ANGOISSE réminiscence
L’angoisse est un muscle farceur
Qui joue à me pétrir le cœur,
Mais de façon aléatoire.
Elle joue avec mon désespoir.
VIOLENCES...
Violences, déferlements.
Turbidité putride
Lambeaux sanguinolents
N’avons-nous d’autres choix
Que l’horreur sanctifiée-
Un ex-voto morbide?
Ou l’horreur ignorée-
Pudibonderie sordide.
LES PAS S'EFFACENT.
Les pas s’effacent sur le sable,
Et si les amours sont bien mortes,
Elles ont laissé comme un parfum.
Et si les amours sont bien mortes,
Elles ont fait place dans le cœur
A des courants fluides et clairs.
Ils se chargent de ces parfums
Qui passent, sans qu’on y prenne garde.
Effluves qui ne s’effacent pas.
A MAGALI LEGER
Après un concert de l’ensemble Rosasolis avec Magali Léger.
Profond comme le fond de la mer,
Le brouhaha des voix, avant concert.
Feutre sonore
Fait de sons crabes, de sons crevettes, de sons mollusques,
Houle lente et mouvante
D’où émergent parfois des pics sonores.
Un court silence, que vient habiter la musique
Qui chatoie, aurores boréales auditives.
Et la voix, broderie dorée, entrelacs,
Cascades de perles, rivières de diamants.
Voix qui nous illumine de sa joie.
SEPTIEME PANSELENE
Poème du jeudi, où il est aussi question de 14 Juillet, comme l' a suggéré Jill Bill
Voici que tu t’avances, septième pansélène,
Précédée de tonnerres et de brillants éclairs,
Puis voici des pétards et des feux d’artifices.
Et toi. Calme, nimbée d’un souverain silence.
TRANSE
Danser la transe
Pour être transcendance.
Sous la pluie, transvaser
Ne plus chanter pour transmuer.
L’inaction devient transaction
Se reconstruire, transformation.
Entrer dans la transe
Pour être plus lucide, ou translucide ?
Moins versatile, plus transversale ?
Et en sortir transie
La transe à fleur de peau.
Se transposer
Pour devenir soi-même.
Transsubstantiation.
J'AI TOUJOURS réminiscence
J’ai toujours côtoyé le rien
C’est mon ombre familière
Mon refuge ma tanière
J’y bascule au moindre pépin.
Ecrire c’est comme une transe
Qui relie les neurones aux doigts
Alors noter ce que je pense
Cela me satisfait parfois.
Racler ce qui au fond résiste
Et se rompt en demi-sommeil.
Alors tout d’un coup j’existe-
Il faut noter ce qui m’éveille.
PARFUMS D'ETE
Pour le défi 59, Jill Bill nous propose de nous souvenir.
Odeurs.
Herbes sèches
Meules de foin ravagées par nos jeux.
Odeurs.
Granit rugueux
Les orteils s’agrippent aux cravants
Pour sauts de chèvre. Varechs et iode.
Odeurs.
Un grenier abandonné
Où trainent des « Nous deux » moisis
Lus en secret, friandise dérobée.
Odeurs.
Des souvenirs tatoués
Au plus profond du derme.