JUILLET 2013 3
Les liserons ont ouvert leurs corolles,
Dans les haies, au pied des maïs,
Comme autant de cors minuscules
Dont on n'entend pas la musique.
Mais je la vois vibrer dans le soleil.
A UN POETE
Dans la fraîcheur de la carrière*
Dédiée aux sculpteurs,
Un poète à offert ses mots,
Les a dansés, les a chantés,
Caressés, et jetés
Si tendrement, si fortement,
Que ne lirai plus les poèmes
Tout à fait comme avant.
ALLER SUR LA PLAGE
J'ai retrouvé ce texte, imprimé, écrit à l'ordinateur au temps ou internet n'était pas encore né. Il est de saison.
Aller sur la plage au lever du soleil, quand la lumière rasante allonge sur le sable l'ombre du moindre coquillage et donne du relief aux rides laissées par le jusant.
Saluer le ciel, et la mer impassible, s'asseoir et méditer.
Recevoir dans le dos la chaleur qui monte peu à peu, inscrivant sur la plage des disques lumineux filtrés par les feuillages.
Puis entrer dans l'eau calme; vivre les gestes de la nage comme autant de postures où espace, mer, corps sont reliés, sentiment de présence, et conscience que l'instant vécu là s'inscrit dans un moment d'éternité.
NUIT D'ETE
Écharpe légère
Couvre les épaules du ciel:
Salut, voie Lactée.
En réponse à M'amzelle Jeanne.
JUILLET 2013 2
Fruits trop mûrs de l'orage
De grosses gouttes éclatent
Sur la peau
Comme fraîches groseilles à maquereau.
On ne s'abrite de l'averse
Que lorsqu'on est déjà trempé.
Et l'on rit.
UNE PLUME
Une plume.
Une plume tombée des pages d' "Un homme et des bêtes", de Grey Owl, livre retrouvé dans le grenier avec émotion, tant il a marqué mon enfance. La plume d'un oiseau. Pas celle d'un stylo comme celui que je tiens à l'instant. Un oiseau des bois, geai, tourterelle - peut-être une chouette.
Je joue. Je suis une indienne. Je m'appelle Anahareo, je vis de pêche et de cueillettes. Dans la vraie vie, je passe le plus de temps possible dans le bois proche. A la récré, je me bats contre les cow-boys. Ce sont les gars. Souvent, je suis le seul indien et la seule fille. Je n'aime pas les westerns où les indiens sont les méchants. Intuitivement je sens qu'ils sont les opprimés, les spoliés. Des Respectueux.
J'ai lâché la plume. Elle s'est posée délicatement sur le tapis devant le coussin où je m'assois pour chanter le Veda. Taittiriya, l'upanisad de l'oiseau… Je suis aussi, à ma façon, une Respectueuse.
J'ai accroché mon hamac entre une philosophie de l'Inde et une amérindienne.
Il fait chaud. Je fais la méridienne.
Quiétude.
Sur un sujet proposé par "Les impromptus littéraires".
THEATRE D'OMBRES
Sur ces photos proposées par Mille et Une
De maigres ombres affamées
Rêvent côtelettes grillées
Mais la vieille charnière a grincé
Le castelet s'est replié
Il n'est plus resté qu'un chapeau
Et l'amour, en rade, dans l'métro.
HUMEUR DE 15 JUILLET
Il n'y a plus de "race"
Dans la Constitution.
Quel est ce sang impur
Qu'on veut faire couler
Jusque dans nos sillons?
Ça ressemble si fort
A de l'épuration.
Ethnique…
JUILLET 2013 1
Un copeau de fraîcheur
Râpé sur le dos de la nuit
Flotte comme pétale de pluie
Sur l'eau en fleurs.
Variation sur " Piscine sous la pluie".
UNE PISCINE SOUS LA PLUIE
Sujet proposé par "Les impromptus littéraires"
Un copeau de fraîcheur
Râpé sur le dos de la nuit
Flotte sur l'eau de pluie
De la piscine en sueur.