TOT LE MATIN
Surprise? Je ne sais, mais je hume chaque matin l'humeur gourmande de mon voisin:
Le ronron, je le fais, quand je vais, tôt matin
Chercher le journal - au cheval du voisin.
Il me répond en broucrougnant,
Sachant que je vais lui lancer un croûton bien croquant.
FEVRIER 2011 5
A la deuxième pansélène
Du côté du levant,
La petite Vénus clignait de l’œil
Face au coucher de Lune.
A la deuxième pansélène
Vénus,
Au réveil des oiseaux.
MATIN
Sous sa paupière de nuages
L’œil du soleil s’est entr’ouvert
Fendu d’orange mêlé de rose.
MEDITATION 6
Après le temps posé de la méditation,
A l’âme cœur
Une fontaine de joie tranquille.
NARBONNE
Incantations muettes
à deux choucas bavards ?
Platanes implorants.
UN METIER...
ABC propose d'imaginer "UN MÉTIER À VOS MESURES"
« Promeneuse d’oiseaux ». J’aurais bien aimé, Mais Didier Decoin l’a déjà inventé, dans son beau roman qui porte ce nom.
Alors, voyons, « Humeuse d’humeurs ».
Il faudrait marcher, de par les villes,
Avec des chaussures légères pour avoir l’impression de flotter.
Le nez un peu en l’air, narines sur le qui-vive,
Les yeux un peu plissés pour regarder les gens sans en avoir trop l’air,
Et sentir les humeurs.
S’ils sont moroses, leur faire un beau sourire.
De toutes ses dents, dentier ou pas.
S’ils sont contents, danser un peu en les laissant passer,
S’effacer, rien à retoucher.
Le soir venu, dans la pénombre,
Faire un petit ronron discret
Chaque fois que quelqu’un est croisé.
-Si vous êtes souvent enrhumé,
Choisissez un autre métier.
SOURIRE
Qu'ABC me pardonne pour ce SOURIRE de fiction...
Dans l’eau du verre, mon dentier rit.
Si je souris, ma bouche avale
Mes lèvres sèches.
Ah ! Que ne puis-je encor sourire
Comme un nourrisson
Qui montre des gencives nues :
Alors tous nous sourions.
FEVRIER 2011 4
Au crépuscule, ciel gris,
Brume traînant au sol;
Entre-deux rose.
RONDEAU (?) DE FIN D'HIVER
Noir éventail, la nuit reflue.
Le vent de son souffle rapide
A dissipé les nues flaccides
Qui voilaient le firmament nu.
Noir éventail, l’ombre reflue.
Des étoiles la nuit repue
A estompé le froid acide,
Aube, ta douceur est humide;
D’un noir éventail la nuit mue.
Un appel clair, angoisses tues ;
Ce n’est pas un réveil languide
Des oiseaux : vols furtifs, rapides –
Ton noir éventail, nuit, reflue.
ADONIS
Tiré de "La forêt de l'amour en nous" paru au Mercure de France.
Traduit de l'arabe par Vénus Khoury et Issa Makhlouf
Là où tu es, tu dois être un corps qui va
Et vient autour de moi, comme sa maison
Ni rêve, ni image, ni illusion
Un corps qui se renouvelle entre mes lèvres,
Entre mes mains, dans ce que je vois, s'élève en moi
REdescend, un corps égal
Au feu à l'eau au vent et à l'alchimie